AteliersGallimard (NRF) : l’illusion de la promesse littéraire
J’ai participé à un atelier d’écriture chez Gallimard, qu’on appelle Ateliers de la NRF.
Un moment de partage. On nous l’avait présenté comme une rencontre avec la littérature. Pour nous appâter dans un atelier supplémentaire (à mille euros), on nous invoque une ouverture vers le monde éditorial. Notre accompagnateur nous dit : envoyez-moi vos textes. Je suis là pour vous aider. La promesse ne sera pas tenue.
C’est vrai que l’atelier a généré des échanges profonds, surtout entre nous, les stagiaires. Des mots jetés au monde, une cohésion serrée dans le groupe. Il y avait l’élan. Celui de l’écriture. On nous avait dit que nous pouvions envoyer nos textes. On nous avait dit qu’ils seraient lus. Qu’il y aurait un après.
Mais l’après prend la forme d’un émail lapidaire.
Les ateliers, c’est pas un accompagnement. Il n’y a pas d’intention de nous lire « après ». D’ailleurs, Gallimard, ils n'acceptent aucun manuscrit, et ne font aucun pont vers des éditeurs. Juste un atelier. Et surtout : une machine commerciale, bien rodée.
Alors oui, l’atelier m’a permis d’accoucher d’un livre.
Mais non, Gallimard ne vas pas m’aider à le publier.
Je continuerai sans eux. Mais le goût qui reste dans la bouche est celui de la trahison.
Proposer un atelier, en promettant de lire les textes, quand on sait que c’est un mensonge… Entre écrivains, c’est une trahison !
Je témoigne ici pour les autres, pour celles et ceux à qui on fait croire qu’un atelier à 1,500 euros est une passerelle vers l’édition.
Ça ne l’est pas. Et ce n’est pas grave.
Parce que la vraie littérature, elle ne vient pas d’un tampon. Elle vient du feu intérieur.
Et celui-là, ils ne peuvent ni l’acheter, ni l’éteindre.
5 October 2024
Unprompted review